Bonsai-club du Lauragais
votre club de bonsaï du sud toulousain

L’ART CHINOIS DU THE. "BATEAU A THE" ET BONSAI.

Moins connu que la cérémonie du thé japonaise (chanoyu), il existe un art chinois du thé (gongfu cha). Les deux sont liés à l’histoire du thé et, en particulier, à son utilisation et sa préparation.

Au début le thé était considéré comme un aliment qui, selon les modalités de conservation avait des usages médicaux divers.

A l’époque Tang, les feuilles de thé étaient compressées en forme de galette, favorisant ainsi une plus longue conservation et facilitant le transport. Les galettes étaient ensuite brisées et moulues. La poudre était déposée au fond d’un bol et battue "en mousse" avec de l’eau chaude. On reconnait là le traitement du thé vert dans la cérémonie japonaise du thé. Les principaux instruments utilisés étaient : les bols, la bouilloire et les boîtes à thé.

Sous la dynastie Ming, le thé est fabriqué en vrac, en feuilles non compressées et doit être infusé. Pour ce faire, Gong Chun invente la théière en 1513. Il s’en suit tout un art des théières et de la dégustation du t
Finalement, les ustensiles pour la préparation du gonfu cha sont :

- une pièce de tissu carrée por absorber les éclaboussures (on comprendra pourquoi plus loin).
- une bouilloire sur son brasero.
- une cuillère à thé pour prendre le thé sec (en feuilles) et le verser dans la théière.
- une baguette pour retirer les feuilles de la théière après plusieurs infusions successives.
- un cruchon recevant l’infusion.
- deux bols en porcelaine fine : l’un pour humer, l’autre pour boire.
- un vase ouvert pour recueillir l’eau de réchauffage.
- une coupe de bassinage contenant la théière (qui doit être petite)
C’est cet ensemble que l’on désigne par "bateau", probablement parce que vu de profil il y a analogie avec un bateau (comme ceux que l’on fait par pliage de papier).

Pourquoi ce dispositif de "bateau" ? C’est parce que l’on procède à de nombreuses infusions successives des mêmes feuilles de thé et que, pour éviter que la théière se refroidisse, on l’arrose de temps en temps avec de l’eau bouillante. L’eau d’arrosage est recueillie dans la coupe et versée, quand nécéssaire, dans le vase destiné à cet effet.

Ce matériel a un aspect rustique (bois,terre cuite) bien que les différents éléments suivant leur origine et leur âge puissent coûter très cher.

De nos jours, du moins en Europe, on vend sous le nom de "bateau à thé" quelque chose plus élaboré qui remplace la coupe de bassinage .

Il s’agit d’une tablette comme celles utilisées dans les présentations de bonsai, assez grande (ex:500 x320), sculptée sur trois côtés et en bois dur imputrescible (padouk par exemple). La tablette n’a pas de rebord mais est à claire-voie. L’eau d’arrosage traverse donc sa surface et est recueillie dans un plateau creux coulissant, en plastique , placé juste en dessous de la surface de la tablette. Pour pouvoir coulisser et l’extraire
quand on veut le vider, le plateau creux ne doit pas être gêné par les sculptures, c’est pourquoi la tablette n’est sculptée que sur trois côtés.

En France, ces "bateaux à thé" sont vendus, sous ce nom, au moins dans les grandes maisons consacrées au thé présentes dans les grandes villes.

Ainsi conçu, le bateau peut servir de tablette de présentation d’un bonsai, si on place le côté non orné vers l’arrière. De plus, par temps très chaud ou dans un lieu très sec, lors d’expositions, on peut mettre de l’eau dans le plateau creux. Cette eau en s’évaporant améliore l’atmosphère autour du bonsai.

Ceux, parmi nos lecteurs, qui s’intéressent au thé ou/et à la céramique,
liront avec un grand intérêt le supplément au n° 100 (mai/juin 1998)
de la revue de la céramique et du verre intitulé : "La redécouverte de Yixing"dont l’article "l’art du thé chinois" deTseng Yu Hui et Dominique T.Pasqualini a éclairé nos connaissances sur le "Bateau".

samedi 8 mai 2010, par Jean Devillers