Bonsai-club du Lauragais
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LES ECOLES DE BONSAI. LES FORETS VUES SOUS L’ANGLE DES ECOLES.

Avec cet article nous terminons la traduction-adaptation des chapitres consacrés aux écoles classiques par J.C. de la Concha Macias. Nous espérons que ces textes vous inciterons à travailler vos arbres qui s’y prètent dans l’école du volume !
Ultérieurement, nous poursuivrons par d’autres écoles.

Pour créer une forêt, nous partons du fait qu’il existe des écoles variées pour cela.
Les plus connues sont :
Han Shu
Omiya
Kyoto.
Les forêts se travaillent aussi bien dans le style linéaire que dans le style du volume.
On a affaire au style linéaire quand il existe une séparation bien visible des arbres ou des groupes d’arbres, avec un point de fuite bien défini.
En revanche quand les arbres sont très compacts, on admet qu’ils ont été formés dans l’école du volume.
Dans les forêts, il existe des éléments de composition qui nous donnent la structure et le projet :
Shin gi : c’est l’arbre qui marque la création. C’est l’équivalent dans l’école linéaire de la sashi eda.
Soe gi : arbre qui accompagne l’équilibre du projet. Equivalent : Uke eda.
Hachi dachi : arbre qui marque soit la face avant, soit le fond. Equivalent : Mae eda.
Hane dachi : c’est l’arbre central, c’est à dire l’apex des arbres. Equivalent : apex.

Les séparations entre arbres sont mesurées et sont indiquées par les points de jade.
Ces sites sont des points de beauté comme dans l’école linéaire. Aussi bien dans cette école que dans l’école linéaire tout est calculé mathématiquement.
Une forêt doit être créee, conçue et pensée avec un minimum d’éléments ( arbres, rochers, mousse, plantes) pour atteindre la plus grande et la meilleure simplicité pour que nôtre esprit en vienne à imaginer une réalité dans son immensité ( une forêt ).
Il y a beaucoup de manières de débuter une forêt.
La première est de sélectionner le matériel dont elle sera constituée. Les arbres retenus doivent être très similaires en présentation, port, nutrition et besoin de chaleur. Il est important qu’ils perdent leur feuilles ensemble ou fleurissent à la même époque, qu’ils aient un cycle de vie semblable, c’est à dire de la même durée.
Dans le feuillage, toutes les feuilles doivent avoir les mêmes taille et forme.
Si nous voulons avoir une forêt avec différentes espèces d’arbres, ceux-ci doivent être groupés par espèces, respectant ainsi le système évolutif et la reproduction naturelle de la forêt et donnant pour celle-ci la sensation d’une évolution globale.
Il n’y a pas de limite à la quantité d’arbres à rassembler.
Trois arbres forment un groupe mais ce n’est pas une forêt. Normalement on considère qu’il s’agit d’une forêt à partir de cinq arbres.
Il n’y a pas de forêts avec un nombre pair d’arbres..... toujours prédominent les nombres impairs 5, 7, 11, 13, 15, 17 ..etc.. ;
Jamais on n’utilise le nombre 4 qui dans la culture orientale signifie la mort, on n’utilise pas non plus le 4 dans les compléments : pierres, rochers, ornements par des plantes...etc..
Un autre nombre à prendre en compte et qui est impair est le 9 qui signifie souffrance et malchance, mais seulement dans la culture orientale, nous autres pouvons l’employer sans problème. Nous savons toutefois que l’oeil humain a tendance à distinguer 3 groupes de 3 et cela est monotone.

  • Les sites les plus communs et les plus logiques pour planter une forêt sont les plaques d’ardoise, les plateaux de céramique symétriques ou asymétriques qui permettent tout en donnant une touche artistique de ne pas perdre la sensation de profondeur, perspective, variété et rythme.
  • Les espaces entre arbres comme aussi leurs hauteurs et grosseurs doivent varier pour donner une sensation de naturel.
  • L’espace entre les troncs doit diminuer graduellement à mesure qu’augmente la hauteur de ceux-ci.
  • Si dans le récipient, il nous reste de l’espace de chaque côté de la forêt, ces espaces doivent être de tailles différentes. Ne pas rechercher la symétrie des espaces.
  • La forêt vue depuis l’avant aura une forme triangulaire avec une chute ou inclinaison forte du côté des arbres les plus hauts et une pente plus douce là où sont les arbres moins hauts.
  • Si on regarde la forêt à vol d’oiseau (depuis l’avant ) on verra aussi cette composition triangulaire.
  • Si vous souhairez avoir une forêt avec différents groupes d’arbres, ceux-ci doivent être plantés de la manière suivante/
    - Le groupe d’arbres les plus hauts en front.
    - Les arbres de taille moyenne sur les côtés.
    - les arbres plus petits vers l’arrière.
    Ceci pour une perspective d’éloignement et normalement avec justification. Pour la perspective proche, faire le contraire, les arbres les plus hauts vers l’arrière.
  • Une des bonnes choses des forêts et qui nous arrange, c’est l’utilisation des boutures que nous avons, des arbres à qui il manque des branches,des feuilles, des racines et ceux qui ne sont pas totalement idoines pour d’autres styles.
    Dans la forêt, ils sont utilisés parce qu’ici seules comptent la silhouette et la valeur du tronc. Les branches sont secondaires.
  • Les branches intérieures de chaque arbre qui vont vers l’arbre d’à côté sont enlevées, on ne maintient que les extérieures.
  • Les arbres du milieu sont laissés avec très peu de feuillage, on enlève seulement les branches après la mise en forme du groupe et on ne voit effectivement que celles qui nous restent. Plus on plante d’arbres moins de branches sont nécéssaires.
  • Quand on coupe les racines, il faut prendre en compte qu’elles doivent être proportionnelles à la taille aérienne des branches.
  • Les forêts selon vôtre projet peuvent être droite-formelle, droite-informelle, penchée, battue par les vents, dans le style lettré et pratiquement dans n’importe quel style conçu dans le projet, cela dépend seulement de la manière de placer les arbres.

jeudi 26 février 2015, par Jean Devillers