Bonsai-club du Lauragais
votre club de bonsaï du sud toulousain

02.QU’EST CE QU’UN SUISEKI ?

Il y a dans l’original espagnol de ce chapitre de nombreuses redites. Nous nous sommes résignés à en supprimer certaines. Dans ce cas, dans le texte français elles sont remplacées par une ligne de points.

Un suiseki est une pierre érodée par le temps, généralement de petite taille, qui, sous l’effet de l’eau et des vents, par le frottement avec d’autres pierres (par l’usure naturelle après avoir roulé dessus), par la pression dans les basses couches terrestres, a pris une forme définie. Les suiseki sont cherchés, traités, nettoyés et il en ressort cette forme qui suggère quelque chose dans nôtre esprit
Cette pratique est originaire de Chine (environ 2000 ans avant JC) et fut introduite au Japon au XV° ou XVI° siècle après JC par les bouddhistes.
C’est une pierre naturelle qui aux yeux des gens forme une figure ou nous présente une forme assez connue.
Cette suggestion peut nous venir à l’esprit, par une sensation, par ce qu’on y voit et reconnaît un lieu, une montagne déja vue, un lac ou une plage.
Ca peut être aussi la vision dans nôtre esprit d’une maison, d’un animal ou peut-être une ou plusieurs personnes. Parfois même seulement en touchant les pierres et en sentant leur texture, ça nous évoque des choses déjà touchées ou senties antérieurement.
On ne manipule pas les suiseki, on les nettoie seulement, les fait briller par un "apprêt" huileux et les place sur un socle où ils brillent mieux.
De pair avec le bonsai, il y a des normes et un vocabulaire, des tailles, des textures, des couleurs.....
C’est un art qui met en évidence les qualités des pierres que les forces de la nature ont sculptées à travers les siècles en leur donnant des formes qui suggèrent des montagnes, îles, objets, animaux ..etc.
C’est pourquoi on les dénomme aussi "Pierres-paysages".
Ce sont les Japonais qui l’ont enrichi, ont défini les styles et les normes de base qui, actuellement servent de guide à tous les amateurs du monde.

L’histoire du suiseki est en relation intime avec le monde du bonsai dont il est le compagnon habituel dans les expositions.
Il en était ainsi pour ce qu’on en connaissait, en Occident, il y a quelques décennies et dans nôtre pays il y a à peine quinze ans.
Le mot SUI SEKI dérive de SAN SUI KEI JO SEKI ce qui signifie :
PIC (de montagne) EAU PAYSAGE SENTIMENT PIERRE
C’est une abréviation de ceux-ci et l’histoire du mot est associée directement au monde bouddhiste et taoïste.

COMMENT EVALUER UN SUISEKI
Critères d’évaluation

Une roche très antique et bien soignée est aussi impressionante qu’un arbre très vieux.
Pour qu’elle peuve communiquer l’impression de calme et de tranquillité, elle doit réunir d’autres qualités comme : la couleur, le pouvoir de suggestion et l’équilibre.
Les suiseki sont des pierres qui suggèrent des montagnes, des lacs, des cascades, îles et plages, des grottes et chutes d’eau et autres scènes naturelles. Ils représentent la nature dans la paume de la main.


Caractéristiques esthétiques

- Suggestion
- Couleur
- Equilibre

SUGGESTION


Plus simple sera la pierre plus son pouvoir de suggestion sera meilleur.
ZEN = SIMPLICITE

COULEUR

La couleur est un élément essentiel parce qu’il peut évoquer les quatre saisons de l’année, le crépuscule...etc..Les roches les plus appréciées sont celles qui possèdent plusieurs couleurs subjacentes, lesquelles paraissent émerger de la roche
illuminée par une lumière intérieure.
De même une légère patine sur une surface peut aider à suggérer des vallées et des escarpements. Certains amateurs souhaitent mettre les roches dans quelque lieu frais et à l’ombre et les arrosent fréquemment pour favoriser l’apparition de cet éclat.

EQUILIBRE

Le collecteur examine la roche sur ses six côtés ( gauche, droit, devant, derrière, dessus et dessous )en cherchant des composants asymétriques et des contrastes dans un équilibre harmonique. Dans un suiseki bien formé les composants asymétriques se combinent pour former un tout intégré.
Un équilibre se crée par le jeu entre les éléments opposés suivants : haut-bas, grand-petit, vertical-horizontal, concave-convexe, dur-tendre, droit-courbe, rugueux-lisse, obscur-clair.
Sont très appréciés aussi bien ceux qui, dans la même pierre abritent des animaux et des fleurs
- Ceux qui réunissent, îles, vallées, torrents et cascades
- ceux qui comportent des personnes,des animaux ou des maisons.
Ceci s’explique d’une manière simple : le suiseki est la compréhension et l’appréciation de la nature au travers d’une pierre d’où surgit un état de la nature.

Suiseki (SUI = eau, SEKI = pierre) [1] c’est l’étude et la jouissance de pierres naturellement formées comme objets de beauté.
L’art du suiseki implique le recueil, la collection, la préparation et l’amour de ces pierres de formes inaltérées recueillies dans des lieux sauvages. On les rencontre dans les rivières de la montagne, dans les déserts, dans les congères, le long des plages de l’océan, n’importe où la nature a pu les avoir déposées ou formées. Après, exhibées en leur état naturel ces pierres sont des objets de grande beauté.
Un suiseki a la capacité de présenter à la vue de l’homme, en quelques cm la terre entière et le cosmos.
Le résultat qui est, par exemple, de reproduire un paysage impressionnant de montagne dans un suiseki bien équilibré est si agréable visuellement que le rêve de chaque collectionneur est de rencontrer un jour la pierre parfaite pour créer le paysage miniature parfait.
La perfection est toujours dans la pierre suivante et le rêve vit chaque jour dans une semblable.
Dans le suiseki, comme dans le bonsai, un aspect à bien prendre en compte est :
- un soin raffiné à montrer les pierres, en utilisant des pots, supports et tablettes avec les éléments d’accompagnement appropriés
- Comme dans le bonsai,où la pierre est un artifice de l’art, rien dans son entourage ne doit enfermer ni écraser la grandeur du suiseki.
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La recherche de ces pierres se transforme, comme dans le bonsai, en rencontre de nôtre "ego".
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Pour qu’une pierre puisse être nommée suiseki, il faut qu’elle ait diverses qualités d’où émerge le pouvoir de suggestion comme principale caractéristique.
Une fois sa valeur déterminée, il y a deux façons de l’exposer :
1. La placer correctement dans un récipient de céramique (suiban)
2. Lui faire un socle de bois à sa mesure (dai).

Les deux façons sont considérées valides. on peut exposer sur dai pendant l’hiver et sur suiban si on est en été. La forme d’exposition dépend aussi des critères du propriétaire.
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Pour les bouddhistes la pierre a des connotations liées au mont SHIMI, selon lesquelles ce mont est situé au centre même de l’univers.
Pour la philosophie Taoïste, ces pierres symbolisent le paradis ou HORAI.

Pour la philosophie Zen et son binôme Yin-Yang, la conjonction ci-dessus symbolise les deux forces qui régissent le monde.
La pierre symbolise le Yang (Dur, solide, sec, chaud, fort, brillant, âpre, pénétrant).
L’eau symbolise le Yin ( Doux, fuyant, humide, froid, obscur, mystérieux, faible, passif, délicat, sensible, réceptif)
A part les sentiments philosophico-religieux, ces pierres ont joué un rôle important entre les amateurs de bonsai et ceux qui les collectionnent.
Beaucoup d’amateurs aussi essaient de connaître les secrets que recèlent ces pierres, la manière de les travailler et le "système" pour leur donner ces éclats et cette structure.
Historiquement, ces pierres-paysages sont très antérieures au bonsai. Elles sont déjà connues dans les dynasties :

HIA ou HSIA 2200 à 1700 avant JC
CHANG OU YIN 1700 à 1200 avant JC
CHOU ou CHEU 1200 à 221 avant JC

On formait des collines de pierre, comme supplément au jardin. Le jardin le plus fameux de cette époque fut celui du noble YUEN KWANG HANG qui renfermait des montagnes et cascades d’une beauté grandiose.
L’Impératrice du Japon SUIKO ramena de Chine comme cadeaux donnés par les mandataires chinois des Pierres-paysages miniatures (592-628 après JC)
Postérieurement, au VI° siècle après JC quelques-unes de ces pierres-paysages arrivent au Japon et bien plus tard arrivent à nous.
Dans le livre SAKUTEIKI, on en parle aussi et il sert de base à un raffinement postérieur.

NOMS DES SUISEKI SELON LEUR TAILLE.

MAME Suiseki miniature 2,5 à 15 cm
KOGATA Petit suiseki 15 à 30 cm
HYONJUN Suiseki moyen 30 à 60 cm
OOGATA Grand suiseki 60/80 à 90 cm

mardi 1er mars 2016, par Jean Devillers

Notes

[1NDT : Le lecteur lira avec profit l’origine de ces mots dans les articles du site consacrés à la langue japonaise.