Bonsai-club du Lauragais
votre club de bonsaï du sud toulousain

03.OU TROUVE-T-ON LES SUISEKI ? LEUR PREPARATION.

OU TROUVE-T-ON LES SUISEKI ?

Rencontrer une bonne pierre donne une grande satisfaction, mais ce n’est pas encore un suiseki. Pour pouvoir la présenter comme telle, il faut passer dessus un minimum de temps pendant lequel la pierre va nous montrer tout son caractère et sa beauté.
Cela nécessite de la manipuler, de l’observer en voyant chacun des points que l’on peut faire ressortir.
Pour réaliser cette opération, un minimum d’outils est nécéssaire :

une tarière
que l’on accouple à une brosse en acier, les autres brosses ne sont pas recommandables car elles laissent, par usure, une partie de leur composition dans la pierre.
Quand nôtre penchant se convertit en quelque chose de plus sérieux et que la tarière nous paraît petite, nous pouvons adapter un disque émeri à nos besoins.
Petit à petit nous apprendrons à découvrir dans un amalgame de boue la beauté de la pierre qui y est cachée. Ce travail consistant à voir le contenu de ces prélèvements
est un peu émouvant. Quand nous commençons à retirer la croûte, les formes qui jusqu’à ce moment avaient été un secret durant des millions d’années, commencent à révéler leur beauté.
Pour un nettoyage plus complet nous utilisons des poinçons ou des tournevis plats de petite taille. Nous pouvons utiliser aussi des mini-fraiseuses à main avec leurs mini-brosses correspondantes. Enfin un bon lavage avec de l’eau finira par nous montrer tout le potentiel auquel les formes se réfèrent.
Les lavages sous pression sont très pratiques pour cette phase ultime.
Enfin, et en dépit d’un lavage généreux, nous procéderons à donner à la pierre son aspect final vieux ou patiné. Pour cela nous avons à nous armer de patience. Dans cette question, bien que nous le voulions, nous ne pouvons pas être rapides, une grande partie de la patine ne peut s’obtenir qu’avec le passage du temps.
Les puristes, sur ce thème, maintiennent que pour obtenir une patine parfaite, le suiseki doit vieillir pendant des décades. La patine la plus valorisée est celle qui résulte de la forme naturelle, du toucher et du "nourissement" de la pierre au long de plusieurs années, tant et si bien que les suiseki les plus valorisés sont ceux qui ont passé entre les mains de divers propriétaires.
Grace à ces "caresses", avec le temps, il va se déposer une graisse corporelle qui va donner à la surface de la pierre l’éclat ténu qui la caractérise. Par ce système, se rend visible aussi toute l’intensité de la couleur que la pierre possède.
La valeur d’une pierre ne dépend pas de son âge géologique, mais de son âge comme suiseki. Comme on peut le supposer, il existe différentes techniques pour donner à nos pierres la patine désirée en une paire d’années, ce qui en d’autres circonstances demanderait des décades.
Malgré de nombreux essais avec différents types de graisses et d’huiles, le résultat le plus proche de la patine naturelle que l’on a pu obtenir est celui avec l’huile de lin. Cette huile végétale a la propriété de créer une pellicule qui permet postérieurement l’accumulation de nôtre propre graisse.
L’application de ce produit se fera de la manière suivante :

Nous diluons l’huile de lin à 50% avec un solvant pour émail. Pour imprégner la pierre on utilise un pinceau et une fois la pierre entièrement enduite, nous retirons immédiatement l’huile en excès avec un vieux chiffon. Ensuite, nous frottons la pierre énergiquement avec une brosse de manière qu’aucune trace d’huile reste dans une crevasse ou recoin, à l’exception de ce que peut absorber la pierre. Après une paire de jours, on commence à frotter la pierre avec nos mains puis ensuite avec un chiffon en coton

COMMENT NETTOYER UNE PIERRE CALCAIRE ?

On emploie comme agent désincrustant une solution d’acide chlorhydrique ou "eau forte" pour enlever les résidus solides, du calcaire dans la majorité des cas.
Il est essentiel de disposer de gants en caoutchouc et d’utiliser des récipients en plastique et non pas métalliques et de ne jamais réaliser ces opérations sur une surface de marbre qui pourrait être endommagée irrémédiablement.
Une autre précaution importante est l’ordre dans lequel on doit préparer le mélange. Celui-ci doit être réalisé de la manière suivante : les fabriquants ont l’habitude de recommander une dilution à 10% dans l’eau, mais pour ne pas endommager la pierre nous recommandons d’utiliser un pourcentage bien plus bas, 3%, pour éviter un possible dommage à la pierre.
On installe la pierre dans un récipient, on la recouvre d’eau et on ajoute la quantité d’acide recommandée. Nous laisserons passer 10 minutes puis nous tournerons et retournerons la pierre pour qu’elle soit humidifiée sous tous les angles.
Passé ce temps, on enlèvera la pierre du liquide et on la nettoiera avec abondance d’eau pour enlever les quelques résidus d’acide.
Nous laisserons bien sécher et nous procéderons à la révision oculaire de la pierre et la brosserons pour enlever les quelques vestiges de terre ou d’impuretés.
Pour lui donner sa patine ou son brillant caractéristique, on la frottera avec un mélange d’huile de lin dilué à 50% par du dissolvant à peinture ou à émail.
On éliminera l’huile restante avec un tissu ou un chiffon vieux ou en coton.
Ensuite, il nous reste seulement à frotter doucement comme on la caressait durant la période pendant laquelle on pouvait la tenir dans nos mains et ceci durant quelques mois.

mercredi 16 mars 2016, par Jean Devillers